Freud Quotidien

Paroles de psychanalystes

Esthela Solano-Suarez sur les mères d’enfants autistes

« Esthela Solano-Suarez: Sur ce point [NDLR: la responsabilité de la mère dans l’autisme de son enfant], il faut faire attention parce qu’au lieu de rendre service à la psychanalyse, on donne des arguments pour se faire attaquer.

Sophie Robert: Vous pensez qu’il y a un trouble de la relation maternelle quand même à la base?

ES: Mais oui, mais oui…

SR: Mais comment est-ce qu’on peut expliquer que cette « non rencontre » puisse produire de l’autisme?

ES: C’est comme un laisser tomber profond, irrémédiable, qui se produit dès le début.

SR: La mère a laissé tomber l’enfant?

ES: Un laissé tomber, quelque chose qui fait faillite au niveau de l’amour.

SR: Au niveau de l’amour?

ES: Au niveau de l’amour. […]

SR: Il n’y a pas des mères d’enfants autistes qui aiment sincèrement leur enfant?

ES: Elles vont vous dire qu’elles adorent leurs enfants, mais vous pouvez vous apercevoir que l’enfant est en train de vous exprimer quelque chose et qu’elle est absolument absente, qu’elle n’entend pas… L’autisme de l’enfant, c’est une conséquence d’un certain autisme de la mère à l’égard de l’enfant. Je vais vous dire une chose, j’ai reçu une petite fille autiste, elle avait 9 ans, elle parlait pas, elle faisait des bruits horribles, des hurlements, aucune parole, aucune, et au bout d’un an, un an et demi de traitement, elle est au seuil de la porte, elle va partir avec sa maman, et alors elle se retourne, la petite fille, vers moi, elle me fait un geste et me dit ‘au revoir Madame’. C’était un miracle. C’était la première parole de sa vie! La mère m’a dit ‘vous avez entendu au revoir? PAS MOI!’ Là il y a quand même quelque chose d’extraordinaire.

SR: Elle était peut être jalouse?

ES: Oui, oui, mais j’ai constaté aussi, mais je pourrai pas le dire devant la caméra, que lorsque les enfants commencent à parler, commencent à s’humaniser, c’est à ce moment là que les mères disent que ça va pas, que leur enfant devient insupportable, et qu’elles arrêtent. Il y a quelque chose d’insupportable du désir et de la demande de l’enfant. Elles peuvent supporter un enfant qui hurle toute la journée. On n’entend pas, on fait comme si on n’entendait pas. Et elles ne supportent pas un enfant qui dit ‘je veux pas’ ou ‘je veux’, c’est-à-dire un enfant qui se détermine comme étant un sujet en dehors d’elles. Différent d’elle-même. […]

SR: Et le père il ne peut pas aider?

ES: Il y a des pères qui peuvent suppléer les carences maternelles, oui. C’est possible que ce soit le père qui assume la fonction de l’amour, la fonction du don, cette fonction essentielle, oui. C’est possible. […]

SR: C’est l’amour de la mère qui rend humain?

ES: Mais oui, évidemment, mais oui. Mais quand on n’a pas reçu d’amour, on ne peut pas en donner. »

(Quand une psychanalyste rend les mères responsables de l’autisme, l’Express, le 24 mai 2012)

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3 commentaires sur “Esthela Solano-Suarez sur les mères d’enfants autistes

  1. hypathia09
    29 mai 2012

    Hou là Mme vous avez un sacré problème de réthorique, stylistique, et de diagnostic …mmmmmm dites moi Mme que vous est-il arrivé si tôt dans votre vie ? Avez vous été violé par vos « grand-parents fantasmatiques » ? Vous n’aimiez pas votre mère ? Dites moi tout voyons ne faite pas « l’autiste » ne projetez pas votre pathologie sur les « autres mères » …mmmmm voyons allons au fond des choses : qui vous a volé votre objet transitionnel quand vous étiez fillette ? Votre maitre de Là quand ? Allongez vous là et parlez sur vous même …..

  2. Eric de Saint-Francis
    20 juin 2012

    Je comprend bien votre réticence à donner des bâtons pour faire battre la psychanalyse, pourtant il y a des mères d’enfants trisomiques, sidéens ou incompatibles au niveau sanguin qui aiment leurs enfants. En quoi est-ce si différent pour les mères d’enfants autistes?
    Autant on peut observer de façon reproductible des ulcères à l’estomac liés au stress, des TMS liés à l’intensification des charges de travail ou sportives, autant aucune observation n’a pu établir une prévalence différente de l’autisme infantile en fonction de populations de mères différentes. Par contre, des facteurs comme la prématurité et le développement cérébral à la naissance sont significativement décrits.

  3. Lijjeson
    12 septembre 2012

    « Au lieu de rendre service à la psychanalyse (…) ». Et oui : le but n’est pas l’intérêt des personnes, mais l’intérêt de la doctrine. Lui préserver à tout prix son statut d’idéologie dominante, même si elle n’est qu’une pseudo-science et un charlatanisme avéré, je souligne.

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Cette entrée a été publiée le 24 mai 2012 par dans Autisme, Esthela Solano-Suarez, Parentalité, et est taguée , , , , .

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