Freud Quotidien

Paroles de psychanalystes

Catherine Bergeret-Amselek sur le déroulement d’une psychanalyse

« L’analyste c’est très particulier, c’est un métier à tisser. Donc pour être analyste il faut soi-même avoir été analysé bien sûr et à un moment donné c’est une transmission, ça ne s’apprend pas à la faculté, ce n’est pas un savoir, c’est pas un savoir faire avec des stratégies qu’on applique, c’est une écoute très particulière dans un cadre très particulier avec une fréquence où on reçoit des personnes, et c’est, l’analyste prête sa présence, il prête son corps tout entier où il laisse résonner l’association libre de son patient, ce qui est un peu comme quand on prend le train, quand on regarde un paysage qui défile, on voit des choses dans le désordre. Une dame qui secoue son linge par la fenêtre, une vache qui passe, une église etc. Bon, on associe librement et au bout d’un moment, et bien dans cette association libre, on révèle son inconscient et qui parle à travers moi. Quel est cet autre que je ne connais pas et qui m’habite à mon insu et qui fait que ça remonte à la surface. Les rêves, l’enfance, les traumatismes anciens qui ne peuvent se vivre que maintenant, dans un second temps qu’on appelle l’après coup, dans le cadre de sécurité qu’apporte un analyste par sa présence. C’est avant tout s’entendre soi dans cet espace particulier où l’analyste prête non pas son savoir, son savoir il doit l’oublier, qu’il soit lacanien, freudien, ou on disait Winnicott, on s’en fiche! Il est un être humain face à un autre être humain qui souffre et il est là pour l’accueillir, le contenir et l’accompagner jusqu’où il veut aller. »

(Enquête de santé, France 5, le 22 mai 2012)

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4 commentaires sur “Catherine Bergeret-Amselek sur le déroulement d’une psychanalyse

  1. christelle
    30 mai 2012

    « pour être analyste il faut soi-même avoir été analysé  »
    un métier « qui ne s’apprend pas à la faculté ».
    donc, des anciens patients (donc qui avaient des soucis tout de même !, on ne fait pas une analyse , une thérapie, quand tout va bien…), qui se permettent de « soigner  » des gens, (pire, des enfants le plus souvent incapables de parole ! ) sans aucune formation… voilà qui est rassurant dites moi !

  2. tina oury
    23 juin 2012

    C’est cependant une évidence, bien entendu que pour être psychanalyste il faut avoir fait une analyse soi même…C’est l’inverse , si on pouvait devenir psychanalyste sans avoir fait d’analyse , car c’est ça la formation indispensable, là il y aurait de quoi s’inquiéter…

  3. vdrpatrice
    1 juillet 2012

    Je conseille vivement à cette dame de lire le livre très informant de Nathan STERN, intitulé : « La fiction psychanalytique », paru chez Pierre Mardaga. Et je le recommande aussi, bien sûr, à tous les adversaires éclairés de la psychanalyse qui ne l’auraient pas encore lu!

  4. Ray-mond
    21 décembre 2013

    En tout cas, ça fait de l’effet ! :))

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Cette entrée a été publiée le 22 mai 2012 par dans Catherine Bergeret-Amselek, Psychanalyse, et est taguée , , , , , .

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