Freud Quotidien

Paroles de psychanalystes

Jacques-Alain Miller sur Lacan, la psychanalyse et la magie

« Lacan, à la fin de son enseignement, n’hésitait pas à se demander si la psychanalyse – quand il ne pensait plus à rendre la psychanalyse scientifique – n’était pas du côté de la magie. Il ne l’a dit qu’une fois mais il faut en tenir compte. »

(Conférence à Buenos-Aires, le 27 avril 2012)

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7 commentaires sur “Jacques-Alain Miller sur Lacan, la psychanalyse et la magie

  1. Van Rillaer
    8 juin 2012

    Comme l’a bien montré François Roustang (« Lacan. De l’équivoque à l’impasse. Ed. Minuit »), ancien analyste lacanien, Lacan a poursuivi incessamment le projet de faire de la psychanalyse une véritable science.

    Le passage de Lacan aux Etats-Unis en 1975 a été une douche froide. Quand il a exposé ses conceptions au Massachusetts Institute of Technology, devant une assemblée de linguistes, de logiciens et d’autres chercheurs du plus haut niveau, les auditeurs n’ont quasi rien compris. Quand le linguiste Noam Chomsky lui fit des objections, Lacan conclut la discussion en disant : « Je suis un poète ». (Chomsky devait dire plus tard : « Lacan était un charlatan conscient de l’être, qui jouait avec le milieu intellectuel parisien pour voir jusqu’où il pouvait aller dans l’absurdité, tout en continuant d’être pris au sérieux »).

    Pour lire la conférence de Lacan
    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L0xhY2FuLk1JVC5Db25mZXJlbmNlLmRvYw%3D%3D&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

    Pour lire la façon dont elle a été reçue :
    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L0xhY2FuLk0uSS5ULjE5NzUucGRm&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

    La lacanisme : c’est pas de la science, bien sûr, c’est de la poésie surréaliste, de la magie verbale.

    • Pierre
      16 juin 2012

      On ne peut qu’approuver. Il suffisait d’assister à un seul de ses grandes messes, pardon à un seul de ses séminaires, pour en être conscient. François Roustang, que j’ai rencontré et avec qui j’ai discuté de cet étrange personnage qu’était Lacan, est peut être un des plus perspicaces « analystes » de ce phénomène, de cet ovni.

    • Woody Allen 31
      22 septembre 2012

      Mais bien sûr, Lacan ne faut-il pas l’oublier était un anarchiste de droite qui se repassait du spectacle des gogos qui buvaient son discours qui n’est qu’un patchwork des pensées à la mode, variant selon les modes dominante, hégéliano-sartrien au début pour finir dans les mathèmes en passant par le struturalisme et la linguistique… Son imposture passait d’autant mieux qu’il était composé de personnes qui n’avaient aucune compétences dans les matières qu’il abordait… Pourtant parfois il donnait des pistes pour que l’on voit la farce, comme sa référence récurrente à Maine de Biran par exemple

  2. Céline LOREY
    13 juin 2012

    La psychanalyse relève d’un prisme idéologique incompatible avec toute réalité de traitement de l’autisme.

  3. woody allen 31
    22 juin 2012

    Pour prolonger le livre de Fr. Roustang : « Lacan de l’équivoque à l’impasse » à lire à tout prix, tout comme le livre de François George « L’effet ‘Yau de poêle », la question n’est pas de savoir que Lacan comme Freud, Klein soient d’habiles imposteurs, c’est pourquoi la mystification marche…
    Pourquoi les lacaniens sont ils dans une schizophrénie tant culturelle que professionnelle ?
    pourquoi cette propagande contre le cognitivisme, la neuropsychologie, le comportementalisme etc. dont visiblement ils n’ont jamais lu une seule ligne et se complaisent dans des contre vérités les plus grossières qui soit.
    Pourquoi des personnes intelligentes, cultivées ressentent-elles ce besoin de se mettre dans un cocon dogmatique ?

  4. woody allen 31
    22 juin 2012

    Lacan entre provocation et désespoir

    « La psychanalyse est peut-être une escroquerie, mais ça n’est pas n’importe laquelle — c’est un escroquerie qui tombe juste par rapport à ce qu’est le signifiant, soit quelque chose de bien spécial, qui a des effets de sens.»

    Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien », in «L’escroquerie psychanalytique», 1979, 17, p. 8.

    Pourquoi provocation ? Ce sentiment vient, entre autres, de la lecture d’un passage d’un séminaire de Lacan « Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse » Séminaire XI, à la page 51 nous pouvons lire :

    « Ce que j’articulerai la prochaine fois vous montrera comment nous approchons à ce propos les admirables quatrième et cinquième chapitres de la physique d’Aristote. Celui-ci tourne et manipule deux termes qui sont absolument résistants à sa théorie, la plus élaborée pourtant qui ait jamais été faite de la fonction de la cause – deux termes qu’on traduit improprement par le hasard et la fortune. Il s’agira donc de réviser le rapport qu’Aristote établit entre l’automaton – et nous savons, au point où nous en sommes de la mathématique moderne, que c’est le réseau des signifiants – et ce qu’il désigne comme la tuché – qui est pour nous la rencontre avec le réel. »

    Tout d’abord, nous pouvons légitimement nous demander ce que vient faire la référence à Aristote dans une séance consacrée à la répétition chez Freud… le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’agit d’un pont quelque peu hasardeux.
    Mais là où nous pouvons nous questionner c’est au sujet des fausses références et des traductions plus que hasardeuses de Lacan.
    Fausses références, car nous pouvons lire la physique d’Aristote, celle-ci est divisée en Livres et non pas en chapitres, d’autre part c’est en vain que nous parcourrons les livres IV et V de la physique pour y trouver des occurrences de tuché et d’automaton. En revanche nous retrouverons ces deux mots dans le second Livre de la Physique dans de très brefs passages 196b, 197a, 197b et 198a avec tout de même une réserve les deux seuls passages où figurent automaton et tuché sont en 197a et 197b, ces deux passages représentent 4 lignes sur les plus de 160 pages de la Physique, et il est bon de préciser qu’Aristote ne reviendra plus sur ces deux mots dans son immense œuvre (à part une très brève allusion dans son traité de l’âme).

    Traductions fantaisiste car si nous prenons les divers dictionnaires (Bailly, Liddel & Scott, Pessonneaux, Magnien & Lacroix) nous avons pour :

    Automaton, les significations suivantes :
    « qui agit de soi-même, ce qui se déclenche de soi-même, qui fonctionne tout seul, ce qui est spontané, ce qui se produit de soi-même, l’imprévu, le hasard, le fortuit… »

    En quoi l’automaton a-t-il à voir le réseau des signifiants et quoi ce dernier aurait-il à voir avec la mathématique moderne ? mystère !

    Tuchè, les significations suivantes :
    « rencontre fortuite, hasard, fortune, sort, cas fortuit, destin, réussite, succès, chance. »

    Là encore, nous ne pouvons qu’être sceptiques dans une traduction telle que « la rencontre avec le réel » !

    Deux choses l’une, soit Lacan dit n’importe quoi, ou tout du moins ferait preuve d’une arrogante cuistrerie, soit, il sait ce qu’il dit. Nous avons la faiblesse de croire que Lacan était tout sauf un inculte, si notre hypothèse est la bonne, alors il s’agit pour Lacan du lancement d’un bobard, et il en lancera d’autres et des plus « énaurmes » comme le dirait San Antonio.

    Désespoir, car Lacan régulièrement posait des questions sans donner de réponses, commençait une démonstration sans la conclure, affirmait sans argumenter, mettant ainsi son auditoire dans une tension interminable, à espérer la suite de l’enseignement, où espéraient-ils, ils obtiendraient enfin les réponses tant attendues.

    Lacan psychanalyste ? mon oeil, mais en revanche un provocateur dadaiste et surréaliste sûrement.

  5. Lijjeson
    12 septembre 2012

    Cité par Jacques Bouveresse, dans son livre (que je recommande) intitulé : « Philosophie, mythologie et pseudo-science. Wittgenstein lecteur de Freud », nous avons Claude Lévi-Strauss qui identifiait la psychanalyse à une pensée magique, notamment à cause de ses croyances délirantes dans cette forme de déterminisme sans doute unique dans toute l’histoire des idées, si l’on excepte, l’hypothèse de Pierre Simon Laplace : le déterminisme psychique prima faciae et absolu prétendant donc exclure a priori tout hasard et tout non-sens dans toute « causalité psychique ». Cette forme de croyance parfaitement délirante, unique en son genre, sur les déterminations possibles de phénomènes, fait de toute l’entreprise psychanalytique, un projet (thérapeutique ou autre..) qui échoue, par nature (du fait de sa « nature déterministe ») avant même d’avoir pu commencer. Une pensée magique : oui. Une théorie dotée de réels pouvoirs de description, d’explication et à fortiori de prédiction : jamais. Une « théorie zéro » (Borch-Jacobsen) : absolument. Parce l’apriorisme absolu ne peut absolument pas (…) conduire à de quelconques pouvoirs de description sur les faits qui puissent être testables.

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Cette entrée a été publiée le 27 avril 2012 par dans Jacques-Alain Miller, Psychanalyse, Science, évaluation, DSM & TCC, et est taguée , , , .

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