Freud Quotidien

Paroles de psychanalystes

Jacques-Alain Miller sur l’évaluation et les TCC

« Qui veut, en définitive, évaluer à tout prix? Ce sont les administrations et les assurances. Pour des raisons d’économies, elles souhaitent en effet proposer des thérapies formatées à l’avance qui soient les plus brèves possibles. De ce point de vue, le rapport de l’Inserm est une pure opération de marketing, puisque l’évaluation a été effectuée par les spécialistes des thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Rien d’étonnant donc à ce qu’ils concluent que les TCC sont efficaces! Or ces thérapies favorisent le court terme. Comme la Bourse, elles sacrifient l’avenir pour embellir la réalité. Pis, ce sont des méthodes cruelles qui passent par l’exposition du sujet au trauma lui-même – par exemple en mettant un patient phobique des cafards devant des cafards. La première fois, il hurle, la deuxième fois un peu moins et, au bout de quelque temps, on considérera qu’il est guéri! C’est du maquillage: les effets, s’ils existent, sont transitoires et superficiels, quand ils ne se révèlent pas nocifs. En cela, l’efficacité des TCC repose uniquement sur l’autorité de l’expérimentateur, qui se pose en expert, en chef de commando. L’analyse, elle, est autrement plus délicate à évaluer par un tiers. La seule évaluation qui me semble pertinente est l’autoévaluation par le patient lui-même. Ce travail est-il marqué, comme on le prétend, par l’influence du thérapeute? Sans doute. Mais il n’est pas moins valable qu’une évaluation effectuée par des experts autoproclamés, à partir d’un questionnaire qu’on fait remplir au patient sans lui laisser prendre la parole. En cela, la psychanalyse est le refuge de l’unique, de l’approche sur mesure dans un monde qui ne rêve que de clonage et de comparaisons systématiques. »

(Une auto-évaluation par le patient lui-même, L’Express, le 23 février 2004)

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2 commentaires sur “Jacques-Alain Miller sur l’évaluation et les TCC

  1. Jacques Van Rillaer
    8 août 2012

    1) Parmi les 8 experts de l’Inserm, il y avait notamment un psychanalyste réputé (Jean-Michel Thurin) et un représentant des thérapies familiales.

    2) La plupart des recherches sur les effets des psychothérapies portent sur les TCC. En effet, jusqu’au rapport de l’Inserm, il n’y avait jamais eu, à ma connaissance, la moindre étude méthodique sur les effets de la psychanalyse en France. Au pays de Lacan, les psychanalystes passent leur temps à recevoir des patients et à lire et commenter des textes.

    3) Mettre un phobique de cafards devant des cafards, à la manière décrite par Miller, est une façon de le rendre davantage phobique.
    Aucun comportementaliste formé ne ferait une connerie pareille.
    Cette lac-ânerie de Miller m’a inspiré pour mon chapitre sur les TCC paru dans “Le Livre noir de la psychanalyse” (voir p. 14). On peut le télécharger via ce lien :

    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L1RDQy5IdW1haW4ucGRm&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

    4) “La psychanalyse est le refuge de l’unique”.
    Cette affirmation de Miller m’a inspiré pour la rédaction du chapitre “Les mécanismes de défense des freudiens” dans “Le Livre noir”.
    On peut le télécharger via ce lien et lire ma réponse d’ex-psychanalyste pp 17 à 19:

    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L0ZyZXVkLkRlZmVuc2VzLnBkZg%3D%3D&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

  2. Jacques Van Rillaer
    14 août 2012

    1) Miller and Co ne veulent évaluer à aucun prix.
    Ils veulent en rester à une « thérapie » sans objectifs précis, avec une théorie non fondée, dans un style ambigu ou incompréhensible, en vue d’effets non mesurables.

    2) Le rapport de l’Inserm a été réalisé par 8 experts, dont un psychanalyste réputé (Jean-Michel Thurin) et un représentant des thérapies familiales…
    La psychanalyse y est reconnue utile pour certains troubles.
    On peut douter du fait que Miller l’ait lu.

    3) La plupart des recherches sur les effets des psychothérapies portent sur les TCC. En effet, jusqu’au rapport de l’Inserm, il n’y avait jamais eu d’étude méthodique sur les effets de la psychanalyse en France.
    Au pays de Lacan, les analystes ne font que recevoir des patients, lire et commenter des textes, essentiellement ceux de Freud et de Lacan.

    4) Mettre un phobique de cafards devant des cafards, à la manière décrite par Miller, est une façon de le rendre davantage phobique. A ma connaissance, aucun comportementaliste bien FORMÉ ne fait une telle connerie (rappelons tout de même que le terme « comportementaliste » n’est pas davantage protégé que « psychanalyste » ou « astrologue »).
    On peut douter que Miler ait lu un ouvrage convenable sur les TCC. Si c’est le cas, il est stupide ou calomniateur.
    Cette lac-ânerie de Miller m’a inspiré pour mon chapitre sur les TCC paru dans “Le Livre noir de la psychanalyse” (voir p. 14). On peut le télécharger via ce lien :

    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L1RDQy5IdW1haW4ucGRm&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

    5) “La psychanalyse est le refuge de l’unique”, raconte Miller.
    Cette affirmation fallacieuse m’a inspiré pour la rédaction du chapitre “Les mécanismes de défense des freudiens” dans “Le Livre noir”.
    On peut le télécharger via ce lien et lire ma réponse d’ex-praticien de la psychanalyste pages 17 à 19 :

    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L0ZyZXVkLkRlZmVuc2VzLnBkZg%3D%3D&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

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