Freud Quotidien

Paroles de psychanalystes

Bernard Golse sur la grossesse

« Le bébé qui s’implante dans la paroi maternelle c’est le seul exemple d’hétérogreffe qui tienne spontanément. Parce que le bébé il y a une partie, la moitié de ses gènes, chromosomes viennent de la mère et du père. Il y a une partie qui est comme la mère, celle-là elle pose pas de problème, mais il y a une partie qui est comme le père et qui pose immédiatement un problème et d’ailleurs dès que le bébé est conçu l’organisme de la mère va immédiatement sécréter une vague d’anticorps très forte pour expulser ce bébé qui est à demi étranger pour le corps de la mère. C’est un peut triste à dire de vous dire ça comme ça mais finalement la première chose que biologiquement la mère ne supporte pas chez son bébé c’est la partie qui vient du père. Il y a une première vague d’anticorps qui vise à éjecter ce bébé. D’ailleurs les grossesses ne réussissent pas, les conceptions ne réussissent pas à 100%, il y a beaucoup de produits de conception qui sont éjectés par ce mécanisme là. Mais quand tout va bien il y a une deuxième vague d’anticorps qui vient bloquer la première, qui vient dire ‘non’ au ‘non’ et c’est comme ça que le bébé s’implante et tient. Alors ce qui est anthropologique là-dedans c’est le double non. Hein ‘non’ je ne reconnais pas ce bébé je veux l’éjecter, mais tout de suite un non au non. Ce qu’on va retrouver dans le langage. »

(Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme, 2011)

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12 commentaires sur “Bernard Golse sur la grossesse

  1. hypathia09
    29 mai 2012

    Chez les humains, comme chez la plupart des animaux, la fécondation est une des étapes de la reproduction. Elle consiste en la rencontre du gamète mâle, le spermatozoïde avec le gamète femelle, un ovocyte II. Le gamète mâle doit préalablement avoir subi l’étape de capacitation dans les voies génitales femelles et obtenir sa capacité fécondante. La fécondation se déroule en 4 phases bien distinctes :
    Reconnaissance spécifique : le spermatozoïde et l’ovocyte se reconnaissent comme compatibles, de la même espèce. Cette reconnaissance est effectuée entre les protéines composant la zone pellucide (enveloppant l’ovocyte pendant sa maturation) et des récepteurs présents sur la membrane du spermatozoïde. Le spermatozoïde ne subit pas de phénomène de rejet comme corps étranger car il produit à sa surface des cytokines polypeptidiques, des Transforming Growth Factor-bêta (TGFβ2 et TGFβ3) qui agissent comme éléments anti-rejet. Il se produit alors une réaction acrosomique, qui va « dissoudre » la zone pellucide et permettre le passage du gamète mâle, jusqu’à la membrane plasmique de l’ovocyte. Chez l’humain et autres mammifères à fécondation interne, il n’y a a priori pas de problème de reconnaissance, deux espèces différentes ne s’accouplant que rarement ensemble. Les expériences ont tout de même montré qu’une fécondation entre deux espèces différentes n’était pas possible, du fait de la différence des génomes entre les espèces. Ce mécanisme de reconnaissance spécifique est surtout utile pour les animaux à fécondation externe, comme certains poissons ou batraciens : la femelle pond ses œufs dans le milieu, et le mâle vient y déposer son sperme.
    Fusion du spermatozoïde et de l’ovocyte : afin de garder une quantité 2n de matériel génétique chez le zygote, un seul spermatozoïde doit féconder l’ovocyte : c’est la monospermie. Cette monospermie est permise grâce au réveil ovocytaire qu’entraine la fusion des gamètes; ainsi les granules corticaux (lysosomes synthétisés durant la croissance de l’ovocyte) sont exocytés sous le contrôle d’une augmentation de la concentration en calcium cytosolique et leurs contenus enzymatiques modifieront les glycoprotéines de la zone pellucide qui deviendra « imperméable » à d’autres spermatozoïdes.
    Reprise de la méiose pour l’ovocyte : celui-ci était bloqué en métaphase II avant la fécondation. Il finit donc sa deuxième division de méiose et expulse son deuxième globule polaire. Cette activation de l’ovocyte est sous le contrôle du calcium cytosolique dont la concentration augmente grâce à une enzyme (une PhosphoLipase C, isoforme zeta) apportée par le spermatozoïde3. Une fois cette étape terminée, on trouve dans l’ovocyte deux noyaux, appelés pronuclei : la pronucleus femelle et le pronucleus mâle (provenant du spermatozoïde). On peut alors parler d’ovule et non plus d’ovocyte.
    Amphimixie et déclenchement du développement embryonnaire : il s’agit de la fusion des deux pronuclei. En réalité, les deux pronucléi ne se fusionnent pas à proprement parler, comme on pourrait l’imaginer, mais le matériel génétique se rassemble sur la plaque équatoriale au moment de la métaphase de la toute première division cellulaire du nouveau zygote.

    Ca c’est pour l’être Humain Mr Golse ! Désolé mais pour passer votre Bac S et génétique reproductive. Je ne peux que vous donner Zéro pointé là ! Et oui depuis Ce que vous avez péniblement appris chez Mr Là Quand le monde a changé. La biologie a fait d’énormes progrès et on doit être au dessus d’un simple Bac G pour éviter de telles inepties. Allons, allons mettez vous y car vous risquez de faire des erreurs graves de diagnostics. En lisant celà vous prouvez seulement que vous êtes juste bon à faire « voyant extra-lucide » ou « le tarot pour les nuls. Bref surtout n’approchez aucun « patient » quelque soit son âge. Merci qui ?

    • Aurel
      23 octobre 2012

      Le phénomène de rejet immunitaire du foetus que décrit Bernard Golse existe bel et bien. Avant de recopier péremptoirement un manuel de Terminale S comme si vous déteniez entre vos mains la science infuse, renseignez-vous… (Bien sûr, cela n’empêche pas que la description que donne Bernard Golse de ce phénomène est des plus contestables…)

      • Woody Allen 31
        15 novembre 2012

        Vous feriez bien de lire un traité d’embryologie avant de parler de rejet immunitaire, et vous y appprendrez les particularités du système immunologique du foetus qui neutralise le rejet immunitaire par le rôle du trophoblaste dont le tissu contient des antigènes HLA-G qui neutralisent les cellules tueuses de type NK… Cela n’est pas issu d’un manuel de terminale S, mais d’un traité universitaire…

      • Aurel
        15 novembre 2012

        @Woody Allen
        Je ne me suis probablement mal exprimé.

        En tout cas votre réponse est magnifique Woody :

        « Vous feriez bien de lire un traité d’embryologie avant de parler de rejet immunitaire, et vous y appprendrez les particularités du système immunologique du foetus qui neutralise le rejet immunitaire »

        Vous m’interdisez de parler de « rejet immunitaire » employez vous même l’expression en avouant qu’il y aurait rejet immunitaire si le foetus ne mettait pas à l’œuvre des mécanismes pour le contrer. L’expression « rejet immunitaire du foetus » n’est pas vide de sens.

        C’est le seul point que je voulais établir : le délire de Golse s’appuie sur un fait établi. Et ce n’est pas en recopiant un imposant pavé sur la fécondation comme l’a fait hypathia09 que l’on explique où est l’erreur de Golse. Je n’ai jamais prétendu être embryologiste – j’ai bien trop souffert à apprendre la gastrulation, la neurulation et autres joyeusetés pour avoir jamais voulu en faire mon métier – ni plus immunologiste. J’ai seulement voulu défendre un peu d’honnêteté intellectuelle ; il est ridicule d’attaquer Golse en se donnant un ton professoral ( » Je ne peux que vous donner Zéro pointé là ! ») pour pondre des textes que l’on ne comprend pas. Se placer au niveau de l’invective et du hors-sujet, c’est ne pas valoir mieux que nos contradicteurs.

  2. vdrpatrice
    1 juillet 2012

    Cette façon de « psychologiser », voire de « pathologiser » entièrement des processus biologiques parfaitement naturels, et nécessaires, donc, à un sens on ne peut plus positif, la vie, est non seulement ridicule, mais est bien le « symptôme » d’une consternante et opiniâtre volonté de désinformer. « Désinformer » ? A ce niveau-là, la « désinformation » est tellement grotesque, qu’elle ridiculise son auteur définitivement, d’une part, et, d’autre part, qu’elle ne laisse plus planer le moindre doute sur le « délire princeps » de toute la psychanalyse, la croyance, sinon la foi fondamentalement anti-scientifique, en un déterminisme psychique, prima faciae absolu, excluant tout hasard et tout non-sens. En effet, « il y a du psychique partout » ; ou, en d’autres termes, on peut tout rendre « psychique », si les besoin de la cause psychanalytique s’en font sentir. Ces gens-là sont véritablement dingues..

  3. vdrpatrice
    1 juillet 2012

    Le déterminisme psychique (inconscient), prima faciae absolu, permet donc aux psychanalystes, comme chacun sait ici, je présume, de tout dramatiser à leur convenance, bref, de faire émerger du « trauma », via leur verbosité, comme un magicien fait sortir un lapin d’un chapeau. Et oui, comme le revendiquait aussi Lacan, la psychanalyse, c’est de la magie, ou de la poésie (quand on a besoin de dire que c’est de la magie, ou de la poésie, afin de s’immuniser en croyant ainsi se soustraire à une critique épistémologique).

    Tout repose sur la métaphore, le symbolisme, le n’importe quoi.

  4. woody allen 31
    3 août 2012

    Enseignant en IFSI, je me suis écroulé de rire en lisant la prose de Bernard Golse… tous ses termes sont vides de sens au yeux de la biologie humaine, que vient faire le terme d’hétérogreffe ? Que Bernard Golse reprenne ses études de médecines… 12 années d’études après le bac pour sortir de telles couenneries, cela laisse rêveur….
    monsieur Golse devrait reprendre ses cours d’embryologie descriptive, notamment la partie concernant la physiologie du placenta…
    Monsieur Golse votre ignorance crasse relève d’une procédure auprès de l’ordre des médecins.

  5. Indira
    14 août 2012

    J’ai passé mon bac (philo) en1966 (avant le Déluge)…malgré ce niveau faible, il faut bien le dire, en biologie, j’ai cru avoir une hallucination auditive quand j’ai entendu le discours de ce monsieur Golse…Il avait bu ?
    Et ce monsieur est médecin ?Il a trouvé son diplome dans une pochette surprise ?
    Merci à Hypathia de ses explications.
    Ceci dit comment se fait-il qu’en dehors de ce site, je n’ai lu aucun commentaire sur un argument aussi évidemment hallucinant – et facile à contrer..?

    Sans compter l’incohérence : pourquoi Golse invoque-t-il la biologie pour démontrer les fondements d’un autisme du à l’agression maternelle et/ou la défaillance paternelle…Horreur ! C’est du biologisme !!! Et moi qui croyait qu’on était dans du « pur psychique ».
    Sans vouloir jouer les psychanalistes (lacaniens), ne serions-nous pas dans un beau fantasme (Aristote, Saint Augustin etc…) du Féminin Diabolique et Destructeur contre qui le Masculin se doit de lutter pour sauver l’Humanité (ou quelque chose de ce genre…)

  6. Woody Allen 31
    15 novembre 2012

    @Aurel, je ne vous fais point le reproche de ne pas être biologiste, formation qui fait partie de mon parcours entre autres, mais il demeure que : le rejet de tout corps étranger est « naturel », et c’est bien pourquoi qu’il y a production des antigènes « tueurs »… mais surtout là où Golse tombe dans un discours plus que curieux c’est lorsqu’il passe des données scientifiques à des explications de type allégoriques, métaphoriques, pour ne pas dire animiste, je m’explique passer de l’observation biologique au père et la mère sur un arrière fond d’explication métapsychologique, où l’on passe soudainement au rôle du père et de la mère de façon symbolique, le « non » du père etc… cela est inadmissible de la part d’un médecin… il y a une confusion des champs, des sens qui relève du discours genre Diafoirus ou précieuses ridicules….

    • Aurel
      15 novembre 2012

      Je suis bien d’accord 🙂 C’est pour cela que j’ai dit m’être probablement mal exprimé, je n’ai jamais souhaité défendre Golse.

      Et je suis également biologiste (il n’y a pas que la biologie fonctionnelle parmi les sciences du vivant 🙂

      • Woody Allen 31
        16 novembre 2012

        eh bien nous sommes d’accord, fallait juste clarifier les choses

  7. Pingback: Tout ça pour ça! | Autisme Infantile

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Cette entrée a été publiée le 20 septembre 2011 par dans Autisme, Bernard Golse, Parentalité, et est taguée , , , , , , , , .

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