Freud Quotidien

Paroles de psychanalystes

Nicole Dubreuil sur l’absence du père

« C’est au cours des deux premières années de leur existence que les garçons ont absolument besoin de leur père.

Chez les enfants n’ayant pas eu la présence du père durant ce temps on relève parfois les mêmes développements atypiques que chez les orphelins placés en foyer d’accueil ou chez les fils de famille monoparentale élevés en vase clos et manquant de substituts paternels.

Chez certains fils sans père on peut retrouver une déficience sur le plan social, sexuel, moral ou cognitif.
La présence corporelle du père auprès du fils lui donne la possibilité d’aimer d’abord sa mère et plus tard de désirer la femme plutôt que de la redouter ou de la mépriser. […] La première conséquence de l’abandon des fils aux soins exclusifs de la mère est la peur des femmes. Les fils ont peur d’être engouffrés, perdus, anéantis dans l’amour maternel trop étouffant. La femme n’est pas leur univers. Ils ont tout d’abord la peur inconsciente d’en devenir une, de devenir une femme, qu’on les prenne pour une femme ! Ensuite, ces fils devenus hommes pourront ressentir une peur pour le corps de la femme et leur propre corps.

Sans la présence, les ressentis et les conversations masculines simples et affectueuses d’un père, l’adolescent qui voudra s’abandonner à sa sensualité pourra se sentir très vite culpabilisé. Dans ses relations affectives et amoureuses il apprendra surtout à se dominer, à se réprimer. Devenu adulte il pourrait ne se concentrer que sur son seul plaisir génital, ne laissant pas la jouissance ni les jeux amoureux déborder des zones érogènes dont il a coutume de se contenter, il ne voudra pas se comporter comme une femme qui s’abandonne, ou avoir l’air d’une femme aux yeux de sa partenaire. Il ne s’abandonnera qu’aux plaisirs permettant aux hommes de se montrer sensuels sans se sentir jugés : l’amour du vin, celui de la bonne chère (chair ?)

Le désir d’amour du fils en mal de père absent, indifférent ou humilié, ou nié par la mère, peut se manifester dans :

  • 
Les tentatives de suicide
  • Les fugues
  • Les troubles psychosomatiques
  • 
les paroles culpabilisantes, les manipulations perverses

[…] A l’adolescence il pourra présenter une confusion par rapport à l’identification sexuelle avec une féminisation du comportement.

  • Estime de soi défaillante
  • Agressivité refoulée d’où difficulté d’affirmation, d’ambition, et de curiosité exploratoire
  • 
Blocages en ce qui concerne la sexualité
  • 
Problèmes d’apprentissage
  • Difficultés à assumer des valeurs morales, à prendre des responsabilités, à intégrer le sens du devoir et les obligations envers autrui
  • Difficulté à assumer ou accepter l’autorité

L’absence ou le silence du père ne favorise pas le contact et la maitrise de l’agressivité naturelle du garçon, mais l’incite plutôt à mépriser ce qui est masculin en lui. Et ce sont justement ces valeurs masculines, dont il est en quelque sorte privé, « castré » par la mère, qui finissent par l’entrainer vers une misère intérieure. 
Seul avec sa mère, loin de la parole et de la loi symbolique du père, le manque de structure interne peut entrainer le fils dans une certaine mollesse, une absence de rigueur et des complications dans l’organisation de sa vie.

Certains adolescents peuvent développer des troubles psychologiques, de la délinquance, de l’alcoolisme, le tout baignant dans une révolte sans fin contre la société jugée patriarcale.

Les fils sans pères restent sans corps du masculin.

La présence du père permet au fils l’accès à l’agressivité naturelle et primitive de son sexe, sinon il subit les interdictions de la mère qui tolère mal les manifestations naturelles de la sauvagerie instinctive. Elle veut que son fils reste poli, réservé, et lui interdit les apanages de la masculinité, par voie de conséquence si le fils ne se réfugie pas dans la pathologie, il pourrait alors devenir hostile à sa mère, puis à la femme. »

(Pères et Fils Re-Pères d’aujourd’huiJAFland : les affaires familiales, le 29 mai 2011)

Publicités

Un commentaire sur “Nicole Dubreuil sur l’absence du père

  1. hypathia09
    30 mai 2012

    ALors quand justement les guerres font des coupes sombres dans les familles et laissent orphelins des millions de garçons et filles ?? Que se passe t’il là ?? Les enfants garçons grandissent bien malgré l’absence du père donc pourquoi pas plus de malades ?? Interrogez l’histoire à ce niveau et c’est pas la faute des femmes si on envoie la fleur au fusil « leurs hommes » …Les familles mono-parentales font-elles que des malades psychiques ? Dans quel nombre ? Alors que les femmes sous-payées, jonglant entre leur boulot précaire et leurs enfants font tout pour que celà se passe bien, ces gens là « spécialistes autorisés  » prétendent ces faits là alors que ce n’est pas avéré. Savent-ils comment vivent ces familles très pauvres pour la plupart ?? Se soucient ils une seconde les trèsors d’énergies que déploient les mères, sans hommes, pour que vivent leurs enfants ? Comme je le répète ces gens là sont de grands bourgeois qui ne savent RIEN de la vraie vie des femmes. Ils ne voient qu’une petite partie qui ne sont pas souvent de cette classe mais d’une classe de femmes qui elles ne sont pas meilleurs mères. Les enfants des bourgeois « donnaient leurs enfants à garder et nourrir à des femmes du peuple méprisé, et elles étaient très distantes de l’éducation, pour ne pas dire que souvent c’était la nounou qui donnait l’affection à ces enfants finalement souvent en souffrance. Je rêves quand je lis de telles choses et quand je sais que ma mère fût placée à 12 ans dans une « grande famille » dont elle s’occupait de la cuisine, aux gosses en passant par le ménage. De 6 h du matin à 11 h du soir …Tous les jours, juste le dimanche après-midi pour sortir. Les enfants de ces femmes biens » n’étaient souvent pas heureux pour autant même si les pères étaient là, ils ne s’occupaient en rien des enfants. Contrairement à aujourd’hui ou il y a du progrès. Il y a des moments ou ces pseudo-spécialistes devraient f…..er leur gueule pardon.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

ARCHI-VAIN

CAT & TAIRE

%d blogueurs aiment cette page :