Freud Quotidien

Paroles de psychanalystes

Elisabeth Roudinesco sur la famille et la maladie mentale

« La famille est — nous le savons grâce à la psychanalyse — à l’origine de toutes les formes de pathologies psychiques : psychoses, perversions, névroses, etc. »

(Pourquoi la psychanalyse ?, 1999, p. 67)

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16 commentaires sur “Elisabeth Roudinesco sur la famille et la maladie mentale

  1. Josiane
    29 mai 2012

    Alors celle là elle est à encadrer. 😮 -> … Comment semer le trouble dans les familles? Merci « Madame » la psychanalyse

    • Van Rillaer
      8 juin 2012

      Le célèbre psychiatre Henri Baruk reprochait précisément à la pratique freudienne d’alimenter les conflits interpersonnels et surtout familiaux. Il écrivait :

      “L’attitude psychanalytique est de toute évidence, d’après nos observation innombrables, une source de conflits. Ce sont d’abord des conflits familiaux. Le sujet psychanalysé — surtout si la psychanalyse, ce qui est fréquent actuellement, n’est pas orthodoxe et suggère au sujet des interprétations — voit souvent avec acrimonie ses proches, ses parents, son conjoint, qu’il rend responsable de ses maux. C’est là une attitude de bouc émissaire. […]
      Nous avons vu fréquemment des guerres familiales, des haines des enfants contre les parents, des divorces douloureux et injustes déterminés par une telle orientation. En outre, certains sujets psychanalysés deviennent d’une extraordinaire agressivité au point de vue social, car ils sont d’une extrême sévérité pour les autres et les accusent sans cesse, ce qui arrive parfois à créer des individus antisociaux. La religion juive, parlant de la loi de Moïse, proclame : Tous ses sentiers mènent à la paix. On pourrait dire le contraire de la loi psychanalytique : Tous ses sentiers risquent de mener à la guerre”
      (De Freud au néo-paganisme moderne. La Nef, 1967, n° 31, p.143).

      NB : A l’intention de Mme Roudinesco, pour qui toute critique de la psychanalyse est signe d’antisémitisme (masqué ou manifeste), je rappelle que Baruk était juif et fier de l’être.

  2. Van Rillaer
    8 juin 2012

    Ainsi donc, peu importe les facteurs biologiques et économiques, ce qu’on voit à l’école ou à la TV, ce que l’on subit au travail et ailleurs. Tout est de la faute du père ou de la mère.

    Freud était d’un autre avis (mais Mme Roudinesco, qui connaît beaucoup d’histoires de la psychanalyse en France, a-t-elle lu Freud d’un bout à l’autre ? Personnellement je suis convaincu que non).

    Je rappelle ce qu’écrivait Sigmund :

    «Ce serait une grave erreur d’aller supposer que l’analyse vise ou cautionne une conception purement psychologique des troubles de l’âme. Elle ne saurait méconnaître que l’autre moitié du travail psychiatrique a pour contenu l’influence des facteurs organiques (mécaniques, toxiques, infectieux) sur l’appareil animique» (L’Intérêt que représente la psychanalyse, 1913, Œuvres complètes, XII, 109).

    «L’édifice théorique de la psychanalyse, que nous avons créé, n’est en réalité qu’une superstructure que nous devons asseoir sur sa base organique. Mais cela ne nous est pas encore possible» (Introduction à la psychanalyse, 1917, G.W., XI 403, trad. PBP, 1962, p. 366).

  3. Nicolas Gauvrit
    9 juin 2012

    Grâce à Elisabeth Roudinesco, je comprends enfin pourquoi les « enfants sauvages » n’ont jamais eu aucun trouble psychologique. Et Bettelheim qui les croyait autistes !

  4. Lijjeson
    12 septembre 2012

    De « toutes les formes de pathologies psychiques » ? Diable!…Mais, voilà un énoncé universel produit par Roudinesco.

    Quelques questions : dans quels cas, et sous quelles conditions initiales d’observation qui soient répétables de manière intersubjective et extra clinique, Roudinesco envisagerait que sa théorie pourrait être réfutée par les faits ?

    Conséquence possible des affirmations bizzaroïdes de Roudinesco : il faut casser le cercle familial, qui serait prétendument toujours mauvais. Entendez qu’il faut briser la notion de famille, de couple, d’amour hétérosexuel, etc. Bref, il faut casser la société dans ses fondements.

    Cette dame n’en finit plus de déraper.

  5. ilinx
    13 septembre 2012

    Le seul milieu qui serait favorable au malade serait celui qui ne réagirait pas par sa propre fausse motivation à celle du malade. Le problème c’est donc la fausse motivation et non pas le milieu (Paul DIEL – ce doit être dans « Psychologie de la Motivation » – je cite de mémoire).

  6. Woody Allen 31
    22 septembre 2012

    @jacques van Rillaer, tu perds ton temps, tu parles à une gardienne du Saint Temple, qui tient un discours auquelle elle même ne crois pas, ce qu’elle voit c’est son statut, son aura, sa carrière et pour cela les pires mensonges sont autorisés. Arrête de prendre au sérieux un discours qui ne l’est pas, le réfuter est vain… en revanche, il est interéssant de se pencher sur ce que soutient son discours…. amitiés

    • sissa
      23 septembre 2012

      @Woody Allen.
      Il faut au contraire ne jamais renoncer à argumenter et laisser les attaques sur les motivations ou les personnes aux psychanalystes… La réfutation ne s’adresse jamais à celui qui tient le discours(et qui n’en démordra pas) mais aux tierces personnes.

      • lijjeson
        23 septembre 2012

        D’accord avec vous, Sissa. Il est parfois difficile, avec les psychanalystes, ne pas répondre à leurs incessants propos ad hominen, dès qu’ils tentent de réagir à leurs critiques.

        Ne jamais renoncer à argumenter, c’est certain. J’ai toujours considéré, par exemple, que l’examen épistémologique devait être utilisé en premier, surtout s’il tente de se fonder sur les arguments objectifs et impersonnels de la logique, mais aussi de la correspondance avec les faits, laquelle engage alors du côté de l’examen historiographique. Sur ce point, un critique du freudisme et de la psychanalyse comme Mikkel Borch-Jacobsen, a pris le parti de défendre le fait que concernant la psychanalyse, c’était surtout la critique de son histoire (de ses mensonges, etc.) qui devait être la plus efficace. Jacques Bénesteau, avec son livre incontournable, me semble toujours précurseur en la matière à cause du fait qu’avant lui, et en langue française, personne n’avais jamais osé aller aussi loin dans l’exposition de faits historiques dévastateurs contre le freudisme et la psychanalyse.

        Le travail de Jacques Van Rillaer me semble mêler plusieurs approches : tant épistémologiques, qu’historiographiques, que thérapeutiques, mais aussi sociologiques, dans la mesure où l’attitude des psychanalystes en face de leurs critiques est primordiale pour comprendre comment ils rajoutent aux stratégies immunisatrices de leurs dogmes.

        En somme, il est possible de penser que la critique de la psychanalyse procède toujours selon trois approches essentielles, qui sont sont toujours plus ou moins en interrelation. Mais l’on peut, suivant ses propres compétences, s’intéresser à l’une des trois, y mettre plus l’accent, même si les critiques historiques de la psychanalyse, en démontrant que Freud fut, et reste encore le seul véritable « témoin princeps » de « l’inconscient » (Borch-Jacobsen, Bénesteau, etc.), nous engagent à tenir compte du fait que l’isolement du père fondateur de la psychanalyse, ses multiples justifications à répudier tous témoins indépendants, alliés à ses prétentions scientifiques, voire même à la seule valeur universelle de ses théories, rendent inévitable une relation entre critique épistémologique et critique historiographique, etc.

      • Woody Allen 31
        23 septembre 2012

        @Sissa, j’entends bien, mais tous les arguments ont déjà été dits, ne trouvez-vous pas plus utile de faire au contraire la promotion des autres psychothérapies, de la révolution des neurosciences, de la psychologie cognitiviste, de la génétique comportementale, etc… La théorie de Galilée l’a emporté par ses effets très concrets, et c’est ainsi que la théorie de Ptolémée s’est effacée. Les tierces personnes dont vous parlez seront davantage touchées par les apports des « nouvelles » psychothérapies, que par des arguments anti-psykk, car après tout elles sont en droit de vous dire « oui, c’est bien mais que proposez -vous ? ». En critiquant sans fin la psychanalyse vous tenez un discours purement réactionnel pour ne pas dire réactionnaire, miroir du discours réactionnel / réactionnaire des psychanalystes envers les neurosciences, les TCC, le DSM, le comportementalisme, l’évaluation, etc… C’est purquoi pour ma part le discours psychanalytique je ne le réfute pas, car ce serait le prendre au sérieux, mais je m’en moque, m’en gausse, le tourne en dérision, en ridicule, pour le mettre à sa juste place un discours de Diafoirus … cordialement.

  7. Woody Allen 31
    23 septembre 2012

    @lijjseson
    mais l’approche épistémologique a déjà été faite, la théorie de la pulsion de Freud est fausse et à partir de là c’est tout son édifice qui s’écroule. Ne parlons pas de Lacan qui fut un grand imposteur, manipulateur, provocateur, chez tout est inconsistant, fluide, polymorphe….

  8. lijjeson
    23 septembre 2012

    C’est vrai que l’approche épistémologique a déjà était faite. Mais c’est elle qui permet surtout aux gens qui peuvent la connaître et la maîtriser un peu, de juger de la validité des théories. Or, nous savons bien que cette approche-là est le plus souvent inconnue, voire inaccessible, tel quel, au grand public, qu’il convient donc d’informer, voire de « former » à cette approche. La réflexion épistémologique et son usage dans un « rationalisme critique », reste la clé de l’indépendance d’esprit, du jugement, et du choix.

    Faire la « promotion de… » ? Je pense plutôt qu’il faut d’abord montrer aux gens les outils intellectuels qui leur permettent de juger ce qui prétend se présenter sous leurs yeux comme « indubitable », « scientitifique », « universel », etc., etc.

    Imaginez un moment un pays comme la France, où les idées de Popper, son épistémologie, sa manière d’examiner de manière critique les théories, les doctrines, les opinions, etc. en faisant usage d’outils et d’arguments indiscutables comme ceux de la logique ; imaginez donc que ces compétences intellectuelles soient enseignées, et plus largement diffusées dans notre pays, que croyez-vous qu’il resterait comme chance pour les impostures scientifiques, de rester aussi implantées dans l’esprit des gens ?

    Travaillons d’abord à donner aux gens plus de moyens pour juger, pour valider, ou invalider, à partir de l’épistémologie, plutôt que de tenter de leur vendre autre chose. Même si ce « autre chose » mérite leur attention.

    Occupons-nous de former à l’indépendance d’esprit, via une formation au rationalisme critique, et nous contribuerons à améliorer, non seulement la liberté de penser dans ce pays, mais aussi les possibilité de démystification des charlatans. Et ce, d’autant mieux, je le crois, que les gens auront acquis l’autonomie intellectuelle, je le répète, sur la base des outils rigoureux et impersonnels de l’épistémologie de Karl Popper, pour ne citer que lui.

    • Woody Allen 31
      23 septembre 2012

      Pensez-vous que la majorité personne adhérent à la psychanalyse en sachant ce qu’elle est vraiment et que les débats épistémologiques les tracassent plus que cela ? La psychanalyse marche sur du probable, sur le fait de tenir un discours sur la sexualité, etc… et surtout ils adhèrent à une vulgate psychanalytique. . Quant à l’épistémologie heureusement qu’il n’y a pas que Popper qui ne fait que reprendre des principes hérités de Poincaré et William James, mais sans avoir leur génie, par ailleurs il s’est compromis avec la société du Mont Pélerin, montrant ainsi ses limites. Vous avez aussi Hempel, Carnap, Quine, et Bachelard, et pour la psychanalyse et la psychiatrie vous avez également tout simplement Claude Bernard et plus récemment Anne Fagot Largeault, prof au Collége de France tout comme Bouveresse… vous avez également l’épistémologie du complexe autour d’Edgar Morin. Cela va un peu plus loin que Popper, dont les outils sont loin d’être impersonnels, derrière Popper il y a une philosophie quelque peu douteuse à laquelle se sont rattachés des pseudos penseurs tels que Ludwig von Mises ou Friedrich von Hayek qui pensent comme des sparadraps, raisonnent comme des tambours et réfléchissent comme des miroirs…. Encore une fois pensez-vous que l’approche épistémologique fasse florés auprès de monsieur et madame tout le monde quant au fait de tourner la page de la psychanalyse, faites leur lire Damasio ou Tobie Nathan, Boris Cyrulnik c’est autrement plus attrayant.

  9. lijjeson
    23 septembre 2012

    C’est justement parce que les personnes ne sont pas « tracassées » par l’épistémologie qu’elles sont souvent incapables de discerner ce qu’il y a d’infondé dans la psychanalyse…

    Avec des compétences épistémologiques, les personnes « non tracassées » (…) pourraient se rendre compte que la psychanalyse ne « marche » sur rien d’autre que du vide.

    Popper ne fait que « reprendre » des « principes hérités » d’untel ou untel ? C’est en partie vraie, puisque, contrairement à Freud, par exemple, il tient compte d’une tradition qui le précède en « reprenant » de manière critique la pensée de Kant, notamment, et c’est loin d’être le seul.

    « Il s’est compromis » ?… je ne vois pas, moi, ce qu’il y a eu de « compromettant ».

    Hempel (disciple de Popper), Carnap (postivistes) Quine (reconnaissant la validité de l’oeuvre de Popper), Bachelard qui prétendait qui proposait que les esprits scientifiques soient d’abord psychanalysés afin de soi-disant « mieux comprendre » les facéties de certaines de leurs conjectures… Claude Bernard (il est vrai que Popper ne le cite jamais), je connais, et je les ai lus. Personne, ayant lu l’intégralité de l’oeuvre de Karl Popper, n’a jamais fait mieux que lui en matière d’épistémologie. Un certain Imre Lakatos, dans son « histoire des programmes de recherche scientifiques », locution qu’il reconnaît emprunter à Popper, à prétendu le dépasser, mais il s’est trompé : on ne peut invalider le fait que des expériences cruciales de falsification entre deux programmes de recherche soient logiquement possibles. D’abord disciple de Popper, pour s’en démarquer ensuite, un disciple de Lakatos, Elie Zahar, mis aussi en lumière l’erreur de ce dernier…

    Je me demande bien pourquoi fonder une épistémologie sur des arguments logiques comme l’a toujours fait Popper, est « loin d’être impersonnel ». Mais, soyons plus clair : il fut en butte avec des adversaires et partisans du positivisme logique, comme les membres du Cercle de Vienne, dont faisait partie Rudolf Carnap, mais aussi Bertrand Russell, et les arguments de Popper les ont tous invalidés : le positivisme logique est mort.

    Une philosophie « quelque peu douteuse » dites-vous ? Humm… C’est douteux votre jugement sur un philosophe qui a toujours combattu, et avec quel acharnement, le totalitarisme, le relativisme, le dogmatisme, etc. Bref, tout ce qui se rattache à la défense de l’humanisme, et des Lumières en fin de compte. Par ailleurs Karl Popper lui-même si vous l’avez lu (…) ne s’est JAMAIS réclamé de l’ultra-libéralisme.

    Ludwig Von Mises et Von Hayek, de pseudos-penseurs ?. Vous êtes un rigolo, cher Woody Allen. Ils résonnent comme des « tambours » et réfléchissent comme des « miroirs », seriez vous lacanien, cher monsieur ?…

    Borys Cyrulnik, c’est plus « attrayant » ? Evidemment, il est psychanalyste….

    Bon, ça va, j’ai compris …

    Le problème c’est qu’il vaut bien mieux travailler pour qu’elle fasse « florès » comme vous dites, cher monsieur, l’épistémologie, au lieu des glavioseries psychanalytiques que vous défendez en secret..

  10. lijjeson
    23 septembre 2012

    A Jacques Van Rillaer et Sissa : ça pue la taupinière, ici. Suivez mon regard…

  11. texavery31
    23 septembre 2012

    Boris Cyrulnik psychanalyste ??? oui, il fut psychanalyste, puis s’en est très vite détaché lorsqu’il a rencontré Bowlby, depuis il s’est engagé sur d’autres voies telles la neuropsychologie, la neuroéthologie, quant à son approche de l’empathie elle prend en compte les décourvertes récentes des neurones miroirs.
    Les jeux de mots ne sont pas l’apanage des lacaniens, quant à ce que je dis sur Von Hayek et von Mises je le maintient, mais je n’ai guère le temps ici de vous démontrer la pertinence de mon propos.
    ce que vous dites de Bachelard relève d’une grande ignorance, le terme de psychanalyse chez Bachelard n’a rien à voir avec la psychanalyse freudienne, il l’emploie dans l’acception définie par Janet, analyse de la vie psychologique, et la psychanalyse de Bachelard renvoie au fait que des impensés peuvent parasiter la démarche scientifique et créer ainsi des obstacles épistémologiques.
    quant à dire que le positivisme logique est mort, ceci est votre opinion… ce que je constate à l’image des psychanalystes vous êtes tout aussi dogmatique, Popper est LA référence, veuillez m’excuser mais la réalité est trop complexe pour qu’un point de vue et un seul puisse faire autorité, à votre posture je préférela minne qui est relativiste, au sens scientifique du terme, c’est-à dire mettre en relation des approches différentes, et pour cela vous devriez un peu lire Edgar Morin et la pensée du complexe…. quant à dire que je défendrais en secret la psychanalyse, cela ne me fait même pas rire, tout juste hausser les épaules. Quant à votre expression « glavioseries psychanalytiques » ,elle n’est point à votre honneur, vous utilisez les mêmes arguments que les chiens de garde de la Kause freudienne.

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Cette entrée a été publiée le 29 mai 1999 par dans Elisabeth Roudinesco, Parentalité, Psychanalyse, et est taguée , , , , .

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