Freud Quotidien

Paroles de psychanalystes

Freud sur les patients

« Les patients, c’est de la racaille »

(Ferenczi, Journal clinique, 1932,  p.148, Payot, 1990)

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Un commentaire sur “Freud sur les patients

  1. Jacques Van Rillaer
    6 août 2012

    Il s’agit d’une confidence que Freud a faite à Ferenczi à la fin de sa vie.

    Bien des années plus tôt, il avait déjà fait part de son manque d’empathie pour les patients. Il écrivait le 21 juin 1920 à son ami Oscar Pfister :
    « Sachez que, dans la vie, je suis terriblement intolérant envers les fous ; je n’y découvre que ce qu’ils ont de nuisible ».

    Freud n’avait nullement une vocation de thérapeute. C’était un philosophe déguisé en médecin. Il écrivait à Fliess le 2 avril 1896 : « Jeune homme, je n’avais d’autre désirance que celle de la connaissance philosophique et je suis à présent sur le point de l’accomplir en passant de la médecine à la psychologie. Je suis devenu thérapeute malgré moi ».

    En 1912, il répondait à une lettre de Starcke : « Le point de vue thérapeutique n’est pas le seul qui intéresse la psychanalyse et n’est pas non plus le plus important » (cit. in Jones, tome 2, trad., p. 133).

    Quand Weiss, le pionnier de la psychanalyse en Italie, se plaignait des échecs thérapeutiques, Freud lui répondit le 11 février 1922 :
    «Il ne faut rien prendre au tragique ! L’analyste doit s’attendre à de pareils accidents mineurs, surtout dans un milieu hostile. Pensons aussi que, malheureusement, seuls peu de malades sont dignes des efforts que nous leur consacrons, si bien que notre position ne doit pas être thérapeutique, mais que nous devons nous estimer heureux d’avoir dans chaque cas appris quelque chose».

    Lacan a travaillé dans la même optique. Un de ses anciens lieutenants, François Perrier, écrit :
    « J’aurais aimé que Lacan publiât ses chiffres : c’est fou ce qu’on se suicidait chez lui ! Pour sa part, il avait horriblement peur de la mort. Une anecdote est restée célèbre : il avait foutu à la porte Diatkine, parce que ce dernier fantasmait sur la mort. Ça aussi, c’est très grave. Si Lacan a tué tout son monde, c’est parce que seul le cheminement de la pensée l’intéressait. Les êtres humains, il s’en foutait. Et la séduction qu’il exerçait sur eux dépouillait ses malades et ses clients de toute capacité d’autodéfense, ou peu s’en faut. » (Voyages extraordinaires en Translacanie. Ed. Lieu Commun, p.120).

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Cette entrée a été publiée le 30 mai 1932 par dans Psychanalyse, Sigmund Freud, et est taguée , .

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